Vingt ans pour effacer Pinochet
Emmanuelle Barozet, Sociologue, Université du Chili
Alternatives Internationales n° 045 - décembre 2009
- La question sociale, défi des gauches latinos , Alternatives Internationales Hors-série n° 006.
Si les Chiliens ont chassé le dictateur en 1988, les généraux n'ont lâché le pouvoir que très lentement, face à une classe politique inquiète devant la menace d'un coup de force et soucieuse de ne pas raviver les fractures de la société.
Le 5 octobre 1988, à la surprise du dictateur, 56% des Chiliens refusent à Augusto Pinochet la prolongation de son mandat à la tête de l'Etat.
Le général a organisé cette consultation populaire en application de la Constitution qu'il a fait adopter en 1980, convaincu d'en sortir vainqueur.
Mais les pressions exercées par les militaires n'ont pas empêché la Concertación, une coalition regroupant les partis de gauche et de centre, de faire campagne.
Et de fortes mobilisations dans les quartiers populaires.
Ce vote négatif marque le début de la transition chilienne et du lent retour des militaires dans leurs casernes.
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