Stress en entreprise : la prévention fait fausse route
Santé & Travail n° 074 - avril 2011
- La prévention fait fausse route (introduction au dossier)
- Des accords sur le stress qui sonnent faux
- Les grandes entreprises en restent au diagnostic
- Mesurer les facteurs psychosociaux de risque ?
- Terrain miné pour la médecine du travail
- Comprendre le travail pour mieux négocier
- Prévention locale contre négociation nationale
- A Renault, la CGT parie sur l'analyse du travail
- " Le management est empêché "
- Stress en entreprise : ce qu'il faut retenir
Dans quelques jours, le ministre du Travail, Xavier Bertrand, présentera un bilan mitigé des accords sur la prévention du stress dans les entreprises de plus de 1 000 salariés. Un tiers seulement des entreprises concernées a signé un accord ou engagé un plan d'action. Et les entreprises en restent encore à l'élaboration d'un diagnostic ou à des mesures d'accompagnement individuel. ...
En orientant le débat sur des éléments statistiques et le dépistage de fragilités individuelles, les accords d'entreprise sur la prévention du stress contribuent à occulter et nier les liens entre souffrance et organisation du travail. Une impasse dangereuse.
La plupart des accords signés sur la prévention du stress dans les entreprises de plus de 1 000 salariés portent sur l'élaboration d'un diagnostic ou de mesures d'accompagnement. Mais ils font l'impasse sur l'organisation du travail.
Le collège d'experts réuni pour définir les indicateurs pertinents en matière de suivi statistique des risques psychosociaux a rendu ses conclusions. Il propose six axes d'investigation correspondant à différents facteurs de risque.
Lors de la mise en oeuvre des accords d'entreprise sur la prévention des risques psychosociaux, les médecins du travail doivent veiller à ce que les dispositifs proposés garantissent l'exercice de leur mission et ses règles déontologiques.
C'est en discutant avec les salariés de ce qui les empêche de faire un travail de qualité que les représentants du personnel seront en mesure de comprendre ce qui les fait souffrir. Ils pourront ainsi négocier sur le stress en connaissance de cause.
Face à l'inconsistance ou aux dérives d'accords sur les risques psychosociaux signés dans les grandes entreprises au niveau national, des équipes syndicales font de la résistance et proposent une autre démarche de prévention, près du terrain.
Au sein du groupe Renault, une recherche-action sur la prévention des risques psychosociaux lancée par la CGT a permis aux équipes syndicales d'aborder autrement les questions de souffrance au travail et leur intervention sur ce sujet.
Pour Mathieu Detchessahar, professeur de gestion à l'université de Nantes, l'absence d'un management du métier, à même de faciliter les arbitrages que doivent faire quotidiennement les salariés, participe de l'essor des risques psychosociaux.
Ce qu'il faut retenir de ce dossier…
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