Séismes, cyclones, Tsunami...les embûches de la reconstruction
La reconstruction d'un pays oblige à des choix politiques délicats: rebâtir vite pour soulager les survivants? Ou prendre le temps d'améliorer ce qui a été détruit? Comment recréer des emplois? Comment éviter les détournements? Quels rapports ONG-pouvoir local? Pakistan, Aceh, Nouvelle-Orléans, état des lieux.
Décembre 2004, tsunami en Asie. Août 2005, ouragan Katrina à la Nouvelle-Orléans. Octobre 2005, tremblement de terre au Cachemire… En quelques heures, ces catastrophes naturelles ont fauché des vies, enseveli des maisons, ruiné l'économie de régions entières. Elles ont aussi provoqué de beaux élans de solidarité qui ont débordé les frontières du pays concerné. De façon assez inégale, toutefois. Car au-delà du cas très spécifique de la Nouvelle-Orléans, ville marginalisée d'un pays riche, le désastre du Cachemire où peu d'Occidentaux s'aventurent n'a pas suscité la même terreur et du coup la même générosité que le drame de Sri Lanka ou de Thaïlande aux plages très fréquentées par les touristes. Ces élans de solidarité, en outre, n'ont pas toujours été dénués d'aveuglement, voire d'un rien d'arrogance, tant l'opinion publique de ce côté-ci du monde, et certains décideurs aussi, ont souvent surestimé le poids de l'aide occidentale, alors que les populations locales et leur gouvernement étaient en réalité les principaux acteurs des secours.
Cette prise en charge de leur destin par les survivants eux-mêmes est encore plus indispensable pour la reconstruction des régions sinistrées qui se poursuit pendant de longues années. Car la générosité étrangère, surtout privée, n'est pas éternelle. Une bonne partie des ONG repartent une fois passé le temps de l'aide d'urgence. Parce que d'autres crises et de nouvelles victimes ont besoin d'elles. Parce que leur compétence technique se limite aux gestes de premiers secours, et ne s'étend pas à la réhabilitation du logement ou de l'économie. Parce que l'intérêt des généreux donateurs est changeant. Mais aussi parce que la reconstruction est une tâche plus complexe que celle de l'assistance immédiate aux victimes. Et qu'elle pose des problèmes proprement politiques au moins aussi délicats, si ce n'est plus encore, que l'aide d'urgence.
Un pays qui se reconstruit est confronté à une multitude de choix. Rebâtir à l'identique et vite pour soulager les survivants? Ou à l'inverse prendre le temps d'améliorer ce qui a été détruit, quitte à laisser longtemps les victimes dans la précarité? Qui indemniser en priorité lorsque les ressources sont comptées? Quels secteurs économiques privilégier pour recréer des emplois durables? Comment éviter que l'aide soit détournée par les détenteurs du pouvoir et tous les affairistes attirés par l'odeur des financements? Autant de choix qui devraient être a priori souverains et dans l'idéal bien sûr, démocratiques. Mais pour lesquels l'intervenant étranger, fût il animé de la meilleure volonté du monde, doit savoir trouver sa place, modeste, et s'y tenir. Sans abdiquer ses valeurs. Mais sans abuser du pouvoir que dans de telles circonstances, il est souvent le seul à détenir, celui de l'argent.
- Pakistan" : "Nous n'avons pas reçu les indemnités prévues" "
- La Nouvelle-Orléans : "Le reste du pays nous a oubliés"
- Aceh : "les ONG ont souvent défendu leur drapeau d'abord"
- "L'aide occidentale est secondaire"
Détournement des aides, mauvaise répartition, lenteur: la colère gronde au Cachemire pakistanais. Pendant ce temps, les organisations humanitaires islamistes prospèrent.
Dans une ville de 500000 habitants avant Katrina, seuls 225000 sont aujourd'hui revenus. Et les quartiers reconstruits sont surtout ceux des Blancs aisés. Reportage.
L'apport des ONG à la reconstruction se heurte à plus de contraintes que pendant l'urgence. D'autant qu'elles ne sont pas compétentes dans tous les domaines. La preuve par Aceh.
Les étrangers oublient que la reconstruction est assurée surtout par les populations locales et leur gouvernement. Et que les soutiens extérieurs ne sont que transitoires.


























Commenter cet article









