Et si les salariés se révoltaient ? Pour un nouvel âge du capitalisme

par Patrick Artus et Marie-Paule Virard Fayard, 2018, 175 p., 15 euros.

Le Brexit, Trump et la montée des nationalismes inquiètent Patrick Artus. Le voilà donc avec un nouveau livre écrit avec Marie-Paule Virard pour tenter d’expliquer comment tout cela est possible. Et la réponse est claire : la dynamique actuelle du capitalisme est inégalitaire, elle favorise le précariat tout en enrichissant les riches et le peuple finit par se révolter.

Quand l’économie va bien, les actionnaires en profitent et quand elle va mal, aussi ! Les salariés portent les ajustements de conjoncture (chômage, baisse de salaire), c’est normal pour les auteurs, mais ils ne voient pas leur situation s’améliorer au moment des reprises. La tendance est à plus d’emplois de services moins bien payés, à l’automatisation, qui ne provoque pas le grand remplacement des hommes par les machines mais polarise les emplois. Les profits ne se transforment plus en investissements mais en dividendes, en rachats d’entreprises ou en baisse de l’endettement. La France n’est pas la plus mal lotie, notamment grâce au salaire minimum, mais le pouvoir d’achat mesuré non pas à partir de l’inflation mais à partir des prix immobiliers montre une dégradation conséquente.

Que faire ? Les deux auteurs restent largement Macron compatibles : accroître l’intéressement et la participation, mieux former, donner plus de place aux représentants des salariés dans les conseils d’administration, imposer un bonus-malus aux entreprises en fonction de leur comportement d’emploi, etc. Une écriture limpide, des idées claires, intéressantes ou agaçantes, on ne s’ennuie pas !

Voir toutes nos notes de lectures
Laisser un commentaire
Seuls nos abonnés peuvent laisser des commentaires, abonnez-vous pour rejoindre le débat !