Rapport : encadrer le travail étudiant
Camille Dorival
Alternatives Economiques n° 265 - janvier 2008
- La double vie des étudiants salariés , Alternatives Economiques n° 256.
En France, plus de 40% des étudiants exercent une activité rémunérée au cours de l'année universitaire et de 15% à 20% (soit environ 400 000 personnes) travaillent de façon régulière pendant leurs études, indique un récent rapport du Conseil économique et social (1). Les motivations des étudiants-travailleurs sont le plus souvent financières, même si, pour certains, travailler peut également correspondre à une stratégie de pré-intégration dans le monde professionnel.
Le CES souligne que, au-delà d'un seuil d'environ 15 heures par semaine, le travail influe négativement sur la réussite des étudiants (2). Néanmoins, sous réserve d'un volume horaire raisonnable, le fait de cumuler travail et études "comporte également des atouts importants en termes d'acquisition d'autonomie, de découverte du monde du travail et d'insertion professionnelle", note le rapport. Le CES propose donc des pistes pour que le travail étudiant ne constitue plus une nécessité trop pesante pour les étudiants les plus modestes, et qu'il devienne au contraire un véritable atout pour l'insertion professionnelle des jeunes.
Il s'agirait d'abord de mettre en place des aménagements pédagogiques dans les écoles et les universités (notamment en ce qui concerne les horaires et l'accès aux technologies numériques), de valoriser le travail étudiant dans les cursus, en l'intégrant dans le module "projet professionnel", ou encore de développer des emplois étudiants au sein des universités, comme cela se fait couramment dans d'autres pays (notamment aux Etats-Unis). Resterait aussi à modifier les exigences des cursus les plus élitistes - classes préparatoires notamment -, pour les rendre compatibles avec une activité salariée. Pour le CES, le travail étudiant doit "rester régi par le droit commun". Certains aménagements pourraient toutefois être envisagés pour faciliter sa compatibilité avec les études, notamment l'instauration d'un congé de droit pour examen. Enfin, le CES prône des politiques publiques volontaristes en la matière. Il s'agirait d'abord d'améliorer le système d'aides sociales: "le montant des bourses, en particulier pour les étudiants les plus défavorisés, le mode de calcul et d'attribution, ainsi que le nombre de bénéficiaires doivent être largement améliorés", estime le rapport, qui suggère en outre l'instauration d'autres formes d'aides, notamment une allocation d'études remboursable.
(1) "Le travail des étudiants", CES, novembre 2007, consultable sur www.conseil-economique-et-social.fr
(2) Voir "La double vie des étudiants salariés", Alternatives Economiques n° 256, mars 2007, disponible dans nos archives en ligne.
Camille Dorival
Alternatives Economiques n° 265 - janvier 2008
Notes
(1) "Le travail des étudiants", CES, novembre 2007, consultable sur www.conseil-economique-et-social.fr
(2) Voir "La double vie des étudiants salariés", Alternatives Economiques n° 256, mars 2007, disponible dans nos archives en ligne.
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