Quelle France pour demain ?
Christian Chavagneux, rédacteur en chef de L'Economie politique
L'Economie politique n° 054 - avril 2012
Au moment de voter pour les élections présidentielles et législatives, on peut certes d'abord rappeler que le Président et la majorité actuels ont un bilan. Leurs adversaires ne s'en privent pas, et les déçus du sarkozysme non plus : celui qui voulait éradiquer le chômage l'a accru d'un million ; celui qui se voulait le Président du pouvoir d'achat affiche le seul quinquennat depuis vingt-cinq ans qui aura vu une baisse du pouvoir d'achat individuel des ménages. Et le dirigeant moderne qui voulait " faire du développement durable le critère de toutes nos politiques publiques " a fini en 2010 par un : " L'environnement, ça commence à bien faire ! "
Mais l'appréciation du passé n'est qu'un élément parmi d'autres. Un bilan ne suffit jamais à discréditer complètement un candidat, pas plus qu'à le faire élire, Lionel Jospin en a fait l'amère expérience. Aussi ces élections se joueront-elles également sur l'avenir qui nous est proposé. La gauche aspire au pouvoir : que nous présente-t-elle ?
De la rigueur budgétaire, mais en faisant surtout payer les plus puissants, individus et entreprises, pour maîtriser la dette et retrouver des marges d'action. Un système bancaire et financier plus régulé. Une transition écologique qui ne pourra être la seule affaire du gouvernement et devra mobiliser les collectivités locales, les entreprises et la finance. Une politique européenne qui ne se contente pas de promouvoir le déficit zéro mais organise des transferts de solidarité financière et investit dans la transition écologique, sous réserve de convaincre nos partenaires. Une politique de lutte contre la pauvreté et les inégalités, une nouvelle forme de politique industrielle pour profiter au mieux d'une mondialisation maîtrisée, et une assurance maladie organisée comme une vraie politique de soin.
Il y a toujours de la perte en ligne entre les grands projets et les réalisations concrètes de la gauche de gouvernement. Mais, au moment d'exercer nos droits démocratiques, la question que l'on doit se poser est la suivante : veut-on lui donner une chance d'essayer ?
Christian Chavagneux, rédacteur en chef de L'Economie politique
L'Economie politique n° 054 - avril 2012
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De toutes les façons, a-t-ton réellement le choix : Non !
Non, car il y en a marre de l’autre, de ses absurdités... un jour une chose le lendemain son contraire, comment dans de telles conditions construire quoi que ce soit ; marre de lui et de toute sa bande d’incapables !
C’est au pied du mur que l’on voit le bon maçon, ou encore, devant le fourneau que l’on voit le bon cuisinier ! Pour bâtir quoi ? Pour cuisiner quoi ? C’est là qu’est toute la difficulté !
Il y a des mesures d’urgence à prendre, des mesures factuelles, mais il ne faudrait pas, faute d’une analyse fondamentale, à cause d’une analyse essentiellement factuelle, continuer d’ajouter des conséquences à des conséquences et forcément des problèmes à des problèmes !
Nos difficultés, celles environnementales, comme celles sociétales, sont de nature bien plus « fondamentale » que ce que pensent la plupart de ceux qui entendent nous diriger et, c’est en ajoutant du fondamental, une vraie philosophie sociétale, que nous nous en sortiront : faire du comment en relation avec le pourquoi et non du comment sans le pourquoi ! Faire , non pas du positivisme mais du relativisme !
Il nous faut de solides fondamentaux et ces fondamentaux doivent être de nature sociétal e. Pas une philosophie ou des fondamentaux « socialistes » mais « sociétaux » ! Pas une philosophie ou des fondamentaux « écologistes », mais « écologues » ! Pas une philosophie ou des fondamentaux « économistes », purement « économistes », d’une économie qui se regarde technoscientifiquement le nombril, du moyen pour le moyen, de leurs seuls tenants et aboutissants, ni même une philosophie ou des fondamentaux d’ « économes », mais une vraie philosophie et des fondamentaux basés sur une « Economie » avec un grand « E » : une « Economie » de nature sociétale car il n’y a pas d’ « Economie » possible sans société.
Autrement dit, une économie au service de la société et non, comme actuellement, et même depuis toujours, au moins depuis l’ère capitalisme, capitalistique, une société au service de l’économie !