Le dernier train d'Hiroshima.. Les survivants racontent
Florent Massot (440 p., 21,90 euros).
Robin Assous
Alternatives Internationales n° 053 - décembre 2011
Les 6 et 9 août 1945, l'humanité entrait dans " l'âge atomique ", qui se caractérise, pour le philosophe Günther Anders par " l'obsolescence de l'homme " face à une technologie capable d'holocauste. Au coeur de ce long récit, la voix de ceux qui ont les premiers constaté la puissance inédite de la bombe : les civils japonais et les aviateurs américains. Charles Pellegrino s'attache particulièrement au destin de trente personnes qui ont fui Hiroshima pour se rendre en train à Nagasaki… victimes coup sur coup des deux cataclysmes, et qui ont survécu.
L'auteur laisse notamment la parole à Tsotomu Yamaguchi, l'homme qui, par deux fois, s'est trouvé à proximité de l'hypocentre, le plus fort point d'impact. A Hiroshima, la mortalité dans cette zone a dépassé 85 %. A Nagasaki, la cage d'escalier dans laquelle il se trouvait a résisté et lui a sauvé la vie, tandis que l'ensemble du bâtiment disparut tout autour de lui. Pendant plus d'un demi-siècle, Tsotomu Yamaguchi s'est tu, pour échapper à l'interdiction de se marier que la société japonaise infligeait aux survivants, mais aussi à cause la censure militaire que les Américains imposèrent aux hibakushas (les survivants). Il n'est sorti de son silence qu'après la mort de son fils, à 59 ans, provoquée par un cancer des poumons dû aux radiations. Et est devenu un infatigable défenseur de la paix.
Florent Massot (440 p., 21,90 euros).
