Les sentiments du capitalisme par Eva Illouz
Ed. du Seuil, 2006, 208 p., 15 euros.
Naïri Nahapétian
Alternatives Economiques n° 253 - décembre 2006
En pensant le capitalisme, les sociologues ont souvent mis en avant les processus de rationalisation, la division du travail et le désenchantement du monde. Mais leurs théories prennent aussi en compte la dimension des sentiments, nous apprend la sociologue israélienne, comme c'est le cas avec la notion d'aliénation chez Marx, la figure du blasé urbain chez Georg Simmel, ou les origines de la solidarité sociale chez Durkheim.
De même, une science des sentiments, comme la psychanalyse, a fortement contribué à changer "l'imaginaire de l'entreprise", écrit Eva Illouz, qui décrypte longuement l'évolution des théories du management dans un sens qu'elle juge positif. Elle analyse également comment psychologie et psychanalyse s'articulent avec l'idéologie du self-help, faisant apparaître les dérives de ce "capitalisme émotionnel", qui va aujourd'hui jusqu'à transformer les émotions en marchandises.
Ed. du Seuil, 2006, 208 p., 15 euros.
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