Les nouveaux paysans sans terre
Antoine DE RAVIGNAN
Alternatives Economiques n° 199 - janvier 2002
Les aides à l'installation ne bénéficient pas aux agriculteurs qui en ont le plus besoin. Un effet pervers du productivisme.
Il ne demande pas grand-chose: 30000 à 40000 francs, de quoi investir dans des serres et une motopompe.
Il a un tracteur d'occasion et un hectare et demi de mauvaise terre acheté sur ses indemnités de licenciement, plus quelques ares loués à côté de chez lui, à Garrigues, dans la plaine du Gardon, entre Alès et Nîmes.
Avec ses melons, ses fraises et ses asperges, il pourrait rapidement dégager l'équivalent d'un Smic.
Mais Denis Boudon, ex-cuisinier en restauration collective, au chômage depuis cinq ans, porteur d'un projet modeste, mais économiquement viable, a deux torts.
Celui de ne pas encore disposer de la superficie minimum requise pour avoir le statut d'agriculteur à titre principal.
Et celui d'avoir 46 ans.
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