Le regard du juriste : les Etats font dire au droit ce qui les arrange
Olivier Corten, professeur à l'Université libre de Bruxelles, directeur-adjoint du Centre de droit international et de sociologie appliquée
Alternatives Internationales n° 053 - décembre 2011
Alors qu'à l'origine, la Charte des Nations unies interdisait quasiment le recours à la force, elle intègre désormais, à l'initiative de pays occidentaux, des exceptions critiquées notamment par la Russie et la Chine.
Depuis la fin de la guerre froide, les interventions militaires ont souvent été justifiées sur la base du droit international, devenu l'un des piliers du " nouvel ordre mondial ".
Les années 1990 ont d'ailleurs vu un renouvellement de l'activité du Conseil de sécurité des Nations unies, lequel a autorisé des interventions militaires pour assurer une assistance humanitaire (Somalie, Bosnie-Herzégovine, 1992), mettre fin à un génocide (Rwanda, 1994), ou encore rétablir l'autorité d'un président démocratiquement élu (Haïti, 1993-1994).
Depuis 1999, les Etats-Unis et certains de leurs alliés ont cependant eu tendance à agir sans l'aval du Conseil, que ce soit en Yougoslavie (Kosovo, 1999), en Afghanistan (2001) ou en Irak (2003).
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