La mondialisation sert-elle la paix ?
Christian Chavagneux
Alternatives Economiques Hors-série n° 077 - avril 2008
Le développement des échanges adoucit-il les moeurs ou est-il porteur de violence ? Plus de deux siècles de débats n'ont pas permis de trancher la question.
Dans un article paru en 1993, l'économiste américain Paul Krugman montrait que la théorie économique dominante était bien en peine de justifier la nécessité de la libéralisation des échanges.
Néanmoins, disait-il, l'argument qui milite pour le libre-échange est essentiellement d'ordre politique (1): des pays qui commercent entre eux ont plus de chances de coopérer et moins de chances de se faire la guerre.
Il reprenait ainsi une thèse née au XVIIIe siècle, celle du "doux commerce", exprimée notamment dans L'esprit des lois de Montesquieu: "Partout où il y a du commerce, il y a des moeurs douces.
Or, comme l'a montré Albert O.
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