La Bolivie d'Evo. Démocratique, indianiste et socialiste?
Alternatives Sud (185 p., 13 euros).
Evo Morales a engagé le processus de transformation sociale "le plus ambitieux du continent", assure d'emblée François Polet. Non seulement, comme le souligne le vice-président, Alvaro Garcia Linera, l'Etat est redevenu "le principal entrepreneur collectif du pays", mais il s'efforce aussi de refléter plus fidèlement la réalité pluriethnique de la population bolivienne. Problème: si la nouvelle Constitution, approuvée par 62% des voix lors du référendum de janvier 2009, reconnaît une série de droits collectifs aux peuples indigènes, la polarisation régionale (et politique) fait obstacle à la réalisation des réformes. "L'Occident (à savoir La Paz) ne nous imposera pas sa nouvelle Constitution" affirmait ainsi au soir du vote le président du Comité civique de Santa Cruz. Les aspirations autonomistes, voire séparatistes, partagées par trois autres départements créent des tensions persistantes. Une division du pays "à nuancer", soutiennent plusieurs auteurs. La "marche vers l'Est" des paysans, descendus de l'Altiplano, déplace certes le centre de gravité économique de la Bolivie, mais il fournit aussi une nouvelle base sociale à Evo Morales dans les campagnes de l'Oriente. Et l'opposition, morcelée, "n'est pas encore porteuse d'un projet national alternatif". Seul un succès d'Evo Morales au scrutin présidentiel de décembre 2009, cependant, permettra à l'oeuvre "refondatrice" de prendre corps.



























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