Irlande : paix à pas comptés
La négociation a échoué, mais le dialogue reste ouvert. C'est le modeste résultat de la rencontre des partis nord-irlandais organisée mi-septembre, sous l'égide de Tony Blair et de Bertie Ahern, pour remettre sur pied les institutions nées des accords de paix dits du Vendredi Saint. Signés le 10 avril 1998, ils prévoyaient la fin de la tutelle britannique et la remise du pouvoir à une assemblée locale. Un an plus tard, les parties s'entendaient sur la formation d'un gouvernement de partage du pouvoir, composé de dix ministres, cinq nationalistes et cinq unionistes. Mais ces institutions ont été dissoutes et restaurées à plusieurs reprises, au gré des tensions entre les deux camps au sujet de la lenteur du désarmement promis par l'IRA. Depuis octobre 2000, elles ne fonctionnaient plus et Londres assurait directement l'administration de la province. Les négociations de septembre dernier, qui visaient à restaurer la dévolution du pouvoir à l'Irlande du Nord, ne sont donc que le énième épisode d'un processus chaotique. Mais processus quand même. "Certes, depuis 1998, les voix se sont radicalisées (1), note Maurice Goldring, professeur d'études irlandaises à l'université de Saint-Denis, exprimant les peurs de chaque communauté. Mais la grande majorité des Irlandais du Nord restent attachés à l'accord du Vendredi Saint. Quant à l'IRA, elle n'a pas repris la lutte armée. Et si son désarmement est lent, elle en maintient le principe.C'est ce qui importe."
(1) Le Sinn Fein a gagné 24 sièges aux élections de 2003 (18 en 1998) tandis que le DUP, le parti unioniste radical du révérend Ian Paisley en emportait 30 (22 en 1998).
Notes
(1) Le Sinn Fein a gagné 24 sièges aux élections de 2003 (18 en 1998) tandis que le DUP, le parti unioniste radical du révérend Ian Paisley en emportait 30 (22 en 1998).

























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