Moldavie : le difficile retour des victimes de la traite
Damien Dubuc
Alternatives Economiques Poche n° 051 - septembre 2011
Vendues par un proche ou attirées par les promesses d'une vie meilleure, les victimes de la prostitution forcée qui reviennent au pays se heurtent au mépris et à l'absence d'emplois.
Natalia tire nerveusement sur son pull à col roulé, comme pour se cacher.
Mais elle parle d'une voix claire.
La jeune femme, âgée de 25 ans, est décidée à raconter son histoire, pressée aussi d'en finir.
Il y a un an, elle est rentrée dans son village près de Causeni, à deux heures de route de Chisinau, la capitale moldave.
Elle revenait d'Antalya, en Turquie, sur la côte méditerranéenne, où pendant un mois et demi elle avait été contrainte de se prostituer.
C'est une amie de sa famille qui l'avait convaincue de partir en Turquie pour devenir vendeuse dans un magasin.
En réalité, Natalia avait été achetée pour 1 000 dollars (environ 670 euros) par un proxénète qui l'a séquestrée dans une maison aux fenêtres grillagées.
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