Joseph Schumpeter (1883-1950)
Alternatives Economiques Poche n° 021 - novembre 2005
- Faut-il lire Schumpeter? , L'Economie politique n° 029.
- Introduction à Schumpeter , L'Economie politique n° 029.
- Braudel, Schumpeter et l'histoire du capitalisme , L'Economie politique n° 029.
- La place du politique chez Schumpeter (1)
- La naissance d'une économie de la politique
- Joseph Schumpeter ou la dynamique du capitalisme
- Joseph Schumpeter: le talon d'Achille du capitalisme
- Esprit d'entreprise es-tu là ?
- La dynamique du capitalisme selon Schumpeter
A 26 ans, il entame une carrière universitaire qui l’amène notamment à enseigner à l’université de Columbia, avant de revenir à Bonn (jusqu’en 1934), puis d’être nommé à Harvard (où il terminera sa carrière). Fondateur de la Société d’économétrie, il en devient le premier président en 1937, puis est élu en 1948 président de l’American Economic Association.
Sa pensée
Avec Keynes, ce fut le monstre sacré de l’économie du XXe siècle. Il a pourtant finalement peu écrit dans le domaine de la théorie économique. Mais chacune de ses oeuvres a tracé un profond sillon. Le premier fut son analyse des cycles économiques. Reprenant une hypothèse testée par Kondratieff, un économiste russe mort au Goulag, il avance qu’au-delà des fluctuations issues de la conjoncture et des difficultés de coordination macro-
économique propres à une économie de marché, il existe des cycles longs, de l’ordre d’un demi siècle (moitié pour la phase de croissance, moitié pour la phase de ralentissement), dont le déterminant est une innovation technique majeure qui irrigue toute une série d’applications portées par les entreprises et suscite des vagues successives d’investissements. La machine à vapeur serait ainsi à l’origine d’un premier cycle long, puis l’électricité et la chimie, puis l’automobile, et enfin, pour ceux qui adhèrent à cette vision du changement technique par vague, l’informatique. En réalité, cette approche vaut moins par sa capacité explicative que par le rôle qu’elle fait jouer à l’innovateur, risque-tout qui parie plus qu’il ne calcule (sa capacité explicative est en effet faible, car les datations ne tombent pas toujours comme l’analyse le voudrait et la question majeure du « pourquoi à tel moment, et pas à tel autre ? » n’est pas réglée).
Aussi, le deuxième sillon concerne tout naturellement le rôle de l’entrepreneur. En innovant, celui-ci ne se contente pas de prendre des risques, mais il précipite aussi des pans entiers de l’activité économique dans le déclin : cette « destruction créatrice » renouvelle le tissu productif et assure au système capitaliste son dynamisme. Malheureusement, avance-t-il dans Capitalisme, socialisme et démocratie, le dernier livre publié de son vivant, le goût d’entreprendre disparaît pour cause de bureaucratisation du système. En quoi il se trompait.
Ses écrits
Business Cycles : a Theoretical, Historical and Statistical Analysis of the Capitalist Process (1939), éd. Porcupine Press, 1989.
Capitalisme, socialisme et démocratie (1942), éd. Payot, 1990.
Impérialisme et classes sociales (1953 posthume), coll. Champs, éd. Flammarion, 1984.
Histoire de l’analyse économique (1954 posthume), éd. Gallimard, 3 tomes, 1983.
Pour aller plus loin
« La dynamique du capitalisme selon Schumpeter », Alternatives Economiques n° 122, décembre 1994.
« Joseph Schumpeter : le talon d’Achille du capitalisme », Alternatives Economiques n° 180, avril 2000.
« La naissance d’une économie de la politique », Alternatives Economiques n° 223, mars 2004.
Alternatives Economiques Poche n° 021 - novembre 2005
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