Italie : budget à risque
Alternatives Economiques n° 253 - décembre 2006
Après sa très courte victoire face à Silvio Berlusconi en mai dernier, Romano Prodi, le Premier ministre italien, affronte, avec le vote du budget 2007, une épreuve de vérité pour sa coalition hétéroclite allant de l'extrême gauche aux démocrates chrétiens. Silvio Berlusconi était toujours prêt à limiter les impôts tout en accroissant les dépenses publiques. Du coup, l'Italie cumulait le handicap d'être à la fois le pays de la zone euro qui avait la plus faible croissance et celui qui connaissait le plus fort déficit public, 4,7% du PIB cette année. Sa dette publique a cessé de baisser depuis 2004 pour atteindre aujourd'hui 107% du PIB (65% en France).
Il Professore, comme on appelle l'ex-professeur d'économie en Italie, entend faire de la rigueur dans la gestion des fonds publics sa marque de fabrique, par opposition aux pratiques clientélistes de Silvio Berlusconi. Il veut donc ramener le déficit public sous la barre des 3% du PIB dès l'an prochain. Ce qui implique à la fois une forte hausse des impôts et une bonne dose de coupes dans les dépenses. De quoi mécontenter sa coalition. On saura d'ici à la fin du mois si elle avale la potion.
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