Les défaillances du marché
Arnaud Parienty
Alternatives Economiques n° 235 - avril 2005
Les économistes libéraux reconnaissent des échecs du marché liés aux caractéristiques particulières de certains biens. Ces échecs justifient le développement de l'économie publique, l'Etat intervenant plus ou moins directement pour remédier à ces échecs. Ces interventions de l'Etat ont cependant donné des résultats mitigés, d'où le retour en force du marché dans la gestion des biens collectifs (*) ou de l'environnement depuis vingt ans, sans que soit jamais interrogée la pertinence de l'utilisation des mécanismes du marché dans des domaines pourtant éloignés de l'économie. Comme si les choix collectifs pouvaient résulter de procédures de marché qui les réduisent à l'addition de choix individuels et valorisent exclusivement la dimension économique.
1.
La théorie économique explique traditionnellement qu'un marché est le point de rencontre d'acheteurs disposés à payer un certain prix pour se procurer des biens dont les vendeurs sont prêts à se séparer pour un certain prix.
Par des mécanismes mal élucidés, un prix d'équilibre se forme si le marché fonctionne bien, qui a la propriété d'assurer une bonne répartition des ressources disponibles.
Il y a de bonnes raisons d'être sceptique sur cette présentation des choses, qui prête au marché de bien grandes vertus (1), mais il faut reconnaître que cette vision s'est imposée dans nos sociétés.
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