Il faut supprimer les marchés inutiles
Dominique Plihon, professeur à l'université Paris-Nord
Alternatives Economiques Hors-série n° 087 - décembre 2010
Supposés couvrir les risques, certains marchés sont aussi facteurs d'instabilité. Seuls un étroit contrôle et la suppression des marchés non organisés pourraient lever cette ambivalence.
Il y a aujourd'hui deux positions opposées quant à l'utilité des marchés, ce qui reflète l'ambivalence de la finance moderne.
D'un côté, ceux qui mettent en avant leur rôle irremplaçable et, de l'autre, ceux qui souhaitent les "désarmer", voire les supprimer.
Prenons le cas de la Bourse, marché où s'échangent les actions émises par les entreprises.
On nous apprend dans les manuels d'économie que ce marché a trois fonctions essentielles: le financement, l'évaluation des entreprises et le partage des risques.
Qu'en est-il dans la réalité?
On constate que les entreprises versent plus de ressources à leurs actionnaires (dividendes, rachat d'actions) qu'elles n'en reçoivent à l'occasion des émissions d'actions sur le marché.
Donc la Bourse prélève plus sur les entreprises qu'elle ne leur apporte.
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