Les difficultés réelles ou supposées des entreprises françaises à licencier ont nourri nombre de réformes du droit du travail. L’idée selon laquelle les obstacles juridiques aux licenciements économiques et les risques judiciaires auxquels les employeurs s’exposeraient seraient trop importants a pu permettre de justifier des projets d’assouplissement des modalités et des formes de rupture des contrats de travail. Un ouvrage pluridisciplinaire, L’emploi en ruptures, dont ce numéro présente quelques résultats*, permet d’éclairer ces questions. Il montre, entre autres choses, que le juge n’a pas le pouvoir de se substituer à l’employeur et que le contentieux relatif aux licenciements diminue régulièrement depuis vingt ans.