En espérant un fils... La masculinisation de la population chinoise
Les cahiers de l'Ined (240 p., 25 euros).
Sylvain Allemand
Alternatives Internationales n° 048 - septembre 2010
Avec un rapport de près de 108 hommes pour 100 femmes, la Chine est le pays le plus masculin au monde. Le résultat des avortements sélectifs (voire de la pratique d'infanticides) qui donnent la préférence aux garçons, et d'une surmortalité des filles. Ce phénomène, observé dans l'ensemble des provinces et qui s'accentue depuis une trentaine d'années, est bien antérieur à la politique de l'enfant unique lancée en 1979. Le plus étonnant est sa persistance en dépit des améliorations des conditions de vie et du statut des femmes depuis la révolution maoïste. La faute à Confucius? En un certain sens, oui. Pour l'auteure, cette masculinisation reflète le caractère encore profondément patriarcal de la société chinoise et du monde asiatique en général (le même phénomène s'observe ailleurs). Conscientes du problème (dans certains villages, les hommes ne trouvent plus à se marier), les autorités chinoises ont réagi, notamment en interdisant les échographies et autres pratiques visant à détecter un foetus féminin. Le prochain recensement, qui intervient cette année, dira si ces mesures sont efficaces. A défaut, les hommes célibataires n'auront plus qu'à se tourner vers les veuves (dont le remariage reste encore tabou) ou les femmes divorcées.
Les cahiers de l'Ined (240 p., 25 euros).
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