Enquête

Donnez-nous votre avis sur Alternatives économiques

Amies lectrices et amis lecteurs, Alternatives économiques voudrait connaître votre avis sur le magazine papier et sur le site internet. Rubriques, contenus, vidéos, fonctionnalités, convivialité… dites-nous en 6 minutes ce que vous pensez, votre magazine a besoin de vous !  Cette consultation se fait à distance et pour ceux que cela intéresse, nous avons prévu pour cet été des ateliers en présentiel dans les locaux du journal. N’hésitez pas à nous communiquer vos coordonnées à la fin du questionnaire si vous souhaitez y participer.

 

Ubérisation

Grève des coursiers à vélo

Pas de courses... Jusqu’à la finale ! Un collectif de coursiers à vélo entre en grève et appelle les consommateurs à boycotter les plateformes de livraison jusqu’à la fin de la semaine, et donc jusqu’à la finale de la Coupe du monde de football, pour protester contre leurs conditions de travail précaire. Pour faire pression sur Deliveroo et consorts, les grévistes ont choisi cette semaine très rentable, pour eux comme pour les plateformes, avec ces évènements sportifs très populaires.

Ces travailleurs de Uber eats, Deliveroo, Glovo, Foodora et Stuart avancent trois revendications : une tarifications minimum horaire, la prise en compte de la pénibilité via des bonus, aussi bien pour le travail de nuit que sous temps pluvieux, et des plages de travail et une activité garantie. « Nous refusons de voir prospérer et se généraliser un système fonctionnant sur la précarité des travailleurs », explique le collectif. Ces travailleurs, qui sont sous le régime de micro-entrepreneurs (ex autoentrepreneurs), et ne bénéficient donc pas de toutes les protections du salariat, ne demandent pas pour autant explicitement la requalification de leur contrat en contrat de travail.

Cette grève s’insère dans un contexte de réglementation pour ces travailleurs, appelés travailleurs indépendants mais, économiquement dépendants de facto. Les grévistes s’opposent en effet à l’amendement du député de la majorité Aurélien Taché (en savoir plus), qui prévoit la mise en place d’une charte de responsabilité sociale des plateformes. Dans cette proposition, cette mise en place dépendrait uniquement du bon vouloir des plateformes. L’amendement prend de plus soin de préciser que ces documents ne valent pas lien de subordination, élément central de la définition d’une relation salariale. Une telle précision, craignent certains, rendrait encore plus difficile les requalifications en contrat de travail.

Si les livreurs demandent une tarification horaire, c’est notamment parce que les pratiques de certaines plateformes ont évolué. L’entreprise Deliveroo est notamment passée à l’autonome 2017 d’un paiement à l’heure à un paiement à la course (en savoir plus). Pour passer outre ces grandes start-ups, de nombreux livreurs ont monté en parallèle des projets alternatifs, comme des plateformes coopératives (en savoir plus).

Autriche

La journée de 12 heures

Si les horaires atypiques se multiplient dans l’Hexagone, ils ont une furieuse tendance à rallonger en Autriche. Les manifestations qui ont rassemblé quelque 100 000 personnes le 30 juin à Vienne, portées par la centrale syndicale ÖGB et le parti social-démocrate, et jusqu’à l’opposition de l’église catholique n’auront pas suffi à faire plier le gouvernement. Dans un climat tendu, les députés ont adopté le 5 juillet une loi de la coalition de droite et d’extrême droite (ÖVP-FPÖ) qui rend possible la journée de 12 heures et la semaine de 60 heures (alors que la durée maximale est de 48 heures dans l’Union européenne) dès le 1er septembre.

En Autriche, la durée « normale » reste de 8 heures par jour et de 40 heures par semaine. Jusqu’à présent, les durées maximales autorisées étaient de 10 heures pour une journée et de 50 heures pour une semaine. En flexibilisant encore le temps de travail, le gouvernement du jeune chancelier conservateur Sebastian Kurz allié de l’extrême droite espère, sur la base du volontariat, inciter les Autrichiens à travailler davantage et rendre les entreprises « plus compétitives ». 

FOOTBALL

Coupe du Monde... Ou Coupe d’Europe ?

Le samedi 30 juin 2018 marque le début des huitièmes de finale de la Coupe du monde de football. Enfin, lorsque l’on regarde de près les clubs dans lesquels opérent les joueurs sélectionnés pour cette phase finale, et donc les pays dans lesquels ils vivent, la compétition devient plus européenne que mondiale.

Chacune des 16 équipes en lice dispose de 23 joueurs, soit un total de 368 joueurs : les trois-quarts jouent dans des clubs d’Europe de l’Ouest ! Si l’on ajoute la Russie, l’Ukraine et la Turquie, on passe à 86 %. Voilà au moins un domaine où l’Europe domine le monde !

L’Europe, championne du monde de foot !

Pierre Volovitch

Éducation

Enseignement professionnel : une réforme à risque

Fin mai, Jean-Michel Blanquer a présenté la réforme de l’enseignement professionnel qui doit parachever celle du lycée. En seconde les 700 000 élèves de l’enseignement professionnel ne seraient plus orientés immédiatement selon des métiers précis mais rassemblés par branche d’activité, la spécialisation ne se faisant qu’ensuite en première et terminale. En terminale, les élèves devraient choisir entre un module les préparant à une poursuite d’études ou un autre pour entrer directement sur le marché du travail. Les Lycées d’enseignement professionnel devraient accueillir de façon indifférenciée dans leurs classes des élèves en apprentissage en entreprise et d’autres en parcours scolaire classique. Ces projets, quoique vendus comme marquant une volonté de « revalorisation de l’enseignement professionnel », ont été accueillis avec beaucoup de scepticisme par la plupart des praticiens du secteur.

Afrique

La France recule

Paris évincé par Berlin ? C’est de l’autre côté de la Méditerranée que ça se passe. Jusqu’en 2017, l’Hexagone était le premier fournisseur européen de l’Afrique. Il a perdu cette place au profit de son voisin d’outre-Rhin, observe la Coface. Un recul qui s’inscrit dans un mouvement plus large. La part de marché française sur le continent africain a été divisée par deux depuis 2000 (de 11 % à 5,5 %), au profit de la Chine surtout, mais aussi de l’Inde, de la Turquie ou encore de l’Espagne. Hors aéronautique, les principaux secteurs d’export français (machines, électronique, pharmacie, automobile…) vers le continent noir sont concernés par cette baisse. Pour autant, à l’exception des années où des cours élevés du pétrole favorisent les producteurs africains, la France continue d’enregistrer un excédent commercial à l’égard du continent (2,8 milliards d’euros en 2017).

En savoir plus : « Course aux parts de marché en Afrique », Coface, juin 2018, https://lc.cx/m6pn

Pauvreté

Des familles à aider

Sortir toutes les familles de la pauvreté coûterait environ 8,5 milliards d’euros, selon un récent rapport du Haut conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge (HCFEA). La pauvreté touchait 19,8 % des enfants en 2014, en particulier au sein des familles ­monoparentales et nombreuses. Selon le Conseil, les transferts sociaux et fiscaux jouent un rôle « indispensable  », même s’il reste insuffisant, dans la lutte contre la pauvreté des familles.
En savoir plus : https://bit.ly/2MWGKkB

Innovation

La Chine, empire des robots

Le dernier rapport de l’International Federation of Robotics confirme encore une fois combien la Chine a pris la robotisation de son économie au sérieux. Le marché mondial du robot continue sa forte progression : en 2017, 381 000 unités supplémentaires ont été achetées dans le monde. La Chine est à l’origine de 36,2 % de cette demande avec une hausse spectaculaire de 58 % de ses achats par rapport à 2016, soit 138 000 unités supplémentaires. Avec ses 33 000 robots de plus, les Etats-Unis font pâle figure, sans même parler des 5 000 robots achetés par la France, moins que le Vietnam et le Mexique. L’automobile et les secteurs électrique/électronique en sont les principaux utilisateurs, loin devant les métaux et la chimie.

Entreprise

Une timide révision du code Afep-Medef

Sans surprise, la nouvelle mouture du code de bonne conduite à destination des grandes entreprises dont ont accouché l’Afep et le Medef fin juin n’est pas une révolution. Confrontées au scandale de la rémunération de Georges Plassat chez ­Carrefour, les deux organisations déconseillent désormais les clauses de non-concurrence pour les dirigeants partant à la retraite ou de plus de 65 ans. Autre nouveauté : le conseil d’administration doit promouvoir « la création de valeur sur le long terme en considérant les enjeux sociaux et environnementaux des activités » de l’entreprise : un simple copié-collé de la loi Pacte.

Lobbying

Les sages sous influence ?

Les sages sous influence ? Publiée aujourd’hui sous ce titre, une note remarquable des Amis de la Terre France et de l’Observatoire des multinationales lève le voile sur le lobbying des entreprises auprès du Conseil constitutionnel et du Conseil d’Etat. Ces deux institutions clés de la République, chargées de rendre des avis sur les projets de loi  du gouvernement et de veiller à leur constitutionnalité, opposent de plus en plus souvent les « droits et les libertés » des entreprises face à des mesures législatives visant la lutte contre le changement climatique ou l’évasion fiscale, par exemple.

Tel est le cas de la loi Hulot sur la fin de l’exploration-exploitation des hydrocarbures en France, vidée de sa substance à la suite de l’avis du Conseil d’Etat du 1er septembre 2017 et que l’exécutif a choisi de suivre avant de soumettre le texte au débat parlementaire. Le lobby qui s’exerce à ce niveau déterminant du processus législatif mais méconnu du public est d’autant plus efficace que son opacité reste totale. Fait significatif, le Conseil d’Etat et le Conseil constitutionnel sont exclus du champ d’application de la loi Sapin 2 relative à la transparence dans la vie économique, elle-même très peu contraignante. A l’occasion de la publication de cette note, les Amis de la Terre saisissent aujourd’hui le Conseil constitutionnel d’une demande formelle de révision de sa procédure de contrôle de la constitutionnalité.

A.R.