International

Les trois mondialisations

Un indice de la mondialisation qui couvre les aspects économiques mais également sociaux et politiques souligne que les trois dimensions n’évoluent pas de la même façon.

Trois dynamiques différentes

La crise des subprime a clairement marqué un coup d’arrêt à la mondialisation économique au sens le plus strict (finance et commerce) placée depuis sur un plateau, avec une légère tendance déclinante. Côté économie, une autre mondialisation est déjà en cours.

Mais ce n’est pas vrai pour les mondialisations politique et sociale. Les sociétés civiles, loin de se fermer, continuent de se mêler, par les appels internationaux, le tourisme, les échanges d’étudiants, et les films, la musique, les musées, à s’internationaliser. Côté politique, la mondialisation mesurée par le nombre d’ambassades, de missions de l’ONU et d’ONG internationales, a également plutôt tendance à croître.

La construction de tels indicateurs peut être discutée. Mesurer la mondialisation « culturelle » – incluse dans le social – par le nombre de McDonald’s et de magasins Ikea paraît réducteur. De même, classer les dépôts de brevets et de marques par des non-résidents comme une mondialisation sociale plutôt qu’économique peut être discutée.

Pour autant, avec toutes leurs imperfections, ces trois indicateurs soulignent la nécessité d’analyser la mondialisation sous ses différents aspects. Ils ne suivent pas la même dynamique.

École

 CP et CE1 à douze : premiers effets

Le ministère de l’Education nationale a rendu publiques les premières évaluations des dédoublements de classes de CP et CE1 en REP+ en 2017-2018. La comparaison des élèves de ces classes avec d’autres n’ayant pas bénéficié de la mesure (mais de même niveau social) révèle un impact significatif sur les compétences. Le nombre d’élèves en grande difficulté diminuerait de 7,8 % en français et de 12,5 % en mathématiques. L’évaluation va se poursuivre sur trois ans afin de mesurer les effets à long terme de ces classes à effectifs réduits. 

En savoir plus: https://lc.cx/mRuS

Extinction

Pourquoi la disparition des insectes est une catastrophe

Au rythme actuel de leur extinction, plus de 40 % des espèces d’insectes pourraient avoir disparu de la planète dans quelques décennies, alerte la publication Biological Conservation, sur la base d’une revue de la littérature scientifique existante. Sur les trente dernières années, la masse totale des insectes dans le monde a diminué au rythme de 2,5 % par an, soit une division par deux sur la période. Ce déclin est catastrophique non seulement pour la survie des écosystèmes, mais aussi pour celle de l’humanité. Un tiers de l’alimentation humaine dépend de cultures pollinisées par les insectes. Leur disparition va entraîner aussi la mort par inanition de leurs prédateurs naturels (amphibiens, oiseaux…), puis viendra le tour des prédateurs des prédateurs… La principale cause de cette extinction de masse est l’usage des pesticides par l’agriculture intensive.

A consulter sur bit.ly/2DQB6ya
 

Concurrence

Les cartels moins sanctionnés

Les ententes entre entreprises se font-elles plus rares ou bien les régulateurs montrent-ils une certaine fatigue dans leurs enquêtes ? L’enquête annuelle 2018 du cabinet d’avocats Morgan Lewis montre une nouvelle baisse des amendes infligées dans le monde aux entreprises qui s’entendent pour se partager les marchés et maintenir des prix élevés. L’Union européenne n’échappe pas à cette tendance baissière même si le Vieux continent reste la zone la plus en pointe avec 51,4 % des amendes infligées.

Tourisme

Airbnb plus encadré

Depuis le 1er janvier, il n’est plus possible de louer certains meublés touristiques plus de cent vingt jours par an dans 18 villes françaises (dont Paris, Lyon, mais aussi Annecy, Sète ou Martigues). En pratique, toute annonce pour une résidence principale louée en entier et ayant atteint le quota de cent vingt jours devrait être automatiquement bloquée par Airbnb. Un premier pas limité : les résidences secondaires ne sont pas concernées.

Donation

Les associations, victimes indirectes de la fin de l’ISF ?

La transformation de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) en impôt sur la fortune immobilière (IFI), qui réduit le nombre de personnes assujetties, va-t-elle aggraver les difficultés des associations ? Jusqu’en 2017, les personnes assujetties à l’ISF pouvaient en effet réduire leur imposition de 75 % du montant de leurs dons (dans une limite de 50 000 euros). France générosités, organisme qui regroupe une centaine d’associations et de fondations, dit avoir constaté une baisse de 6,5 % des dons au premier semestre 2018, principalement à cause de la hausse de la CSG chez les retraités et du passage de l’ISF à l’IFI.

Reste que les dons au titre de l’ISF ne représentaient que 9 % des dons en 2016, et que « rien ne démontre que les gens vont laisser tomber les associations qu’elles aident avec le passage à l’IFI », estime Jacques Malet, président du réseau d’experts Recherches & solidarités. De plus, la réduction de 66 % sur le montant des dons se maintient pour les revenus imposables. « Il y aura toutefois sans doute une baisse des montants », prévient Jacques Malet, surtout dans un contexte ponctuel d’attente vis-à-vis du passage au prélèvement à la source. Entre ces incertitudes, celles qui concernent les subventions, et la chute du nombre d’emplois aidés, les associations « se montrent plus prudentes et n’engagent plus autant d’actions », conclut Jacques Malet.

Aérien

Enième échec pour Air France

La compagnie nationale Air France abandonne sa filiale à bas coût, Joon, après à peine un an d’activité. Cette dernière était censée concurrencer les compagnies du Golfe et les low cost, mais n’est pas parvenue à être rentable. Les salariés de Joon seront absorbés et intégrés au sein d’Air France. Un signe de plus de la difficulté des acteurs historiques de l’aérien à réagir à la montée en puissance des nouvelles compagnies.

Plates-formes

 Un modèle en sursis ?

Le 10 janvier, la cour d’appel de Paris a requalifié en salarié un auto-entrepeneur, chauffeur pour Uber. Après l’arrêt pionnier de la Cour de la cassation en novembre dernier concernant un coursier à vélo, les décisions de requalification semblent vouées à se multiplier dans les tribunaux. Et pas seulement en France : tandis que la Cour de cassation entend faire intervenir la Cour de justice de l’Union européenne, un tribunal ­d’Amsterdam, aux Pays-Bas, a requalifié en salariés 2 000 coursiers de Deliveroo. De quoi casser à terme le modèle économique des plates-formes.

Offres vertes

L’Ademe préconise la création d’un label

Direct Energie, Cdiscount Energie, Enercoop, Total... Depuis la libéralisation du marché de l’électricité en 2007, les fournisseurs alternatifs sont de plus en plus nombreux à faire concurrence à l’opérateur historique EDF. Et beaucoup proposent des offres vertes pour essayer de se démarquer. Mais le client soucieux de consommer durable ferait bien d’y regarder à deux fois car certains contrats proposés tirent franchement vers le gris, comme le soulignait l’ONG Greenpeace dans un récent palmarès.

Une part variable de la facture pour les producteurs renouvelables

Décomposition, en euros, des différentes composantes d'une facture électrique (pour un foyer consommant 2400 KWh annuels pour une puissance de 6kVA)

La part de rémunération revenant aux producteurs renouvelables (en vert) varie de 5 € pour une offre verte classique (soit 1 % du total de la facture), contre 131 € (30 % du total de la facture) pour une offre verte dite premium. 

A ce jour, le mécanisme des garanties d’origine (qui permet aux fournisseurs de présenter leurs offres comme vertes, et que nous avons récemment décrypté) « ne contribue pas significativement au développement au développement de nouvelles installations renouvelables en France », indique en effet l’Ademe dans une note sur le sujet parue lundi 3 décembre. Et pour cause : il n’impose pas aux fournisseurs de s’approvisionner physiquement en électricité auprès de fournisseurs renouvelables, mais seulement de leur acheter des garanties d’origine, d’un montant très peu rémunérateur.

La progression de la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique (0,7 % en 2005 contre 7,6 en 2017) serait donc surtout liée au soutien public fourni par l’Etat à certains producteurs. Pour susciter l’investissement dans de nouvelles installations, autre que par ce biais, l’Ademe préconise la création d’un label pour objectiver la qualité des offres vertes proposées sur le marché. Elle plaide aussi pour un renforcement du mécanisme d’utilisation des garanties d’origine afin de n’avoir plus, à terme, que des offres impliquant l’achat conjoint de l’électricité et des garanties aux mêmes producteurs (dites « premium »).

Environnement

La France favorise la déforestation via ses importations

Pâte à papier, bois, soja, bœuf et cuirs, cacao, huile de palme, caoutchouc naturel : selon un rapport du WWF, les importations hexagonales de ces produits représentent la mobilisation de 14,8 millions d’hectares de terres à l’étranger, soit la moitié de la surface agricole nationale. Sur ce total, 5 millions d’ha sont exploités dans des pays à risque élevé de déforestation.

A consulter sur : bit.ly/2TemvlH