Vidéo

Mickey résilie son abonnement Netflix

Disney a annoncé que l’accord de diffusion signé avec Netflix en mai 2016 ne sera pas renouvelé en 2019 et que sa société comptait lancer sa propre plateforme numérique pour distribuer ses contenus. Si les créations Disney sont mondialement connues, le diffuseur Netflix s’est avéré être une vitrine incontournable pour des productions audiovisuelles en tout genre, grâce à l’engouement de millions de consommateurs qui se sont abonnés à son service aux Etats-Unis et dans le monde. Cependant, sa taille autant que sa stratégie d’investissement dans des contenus exclusifs apparaissent de plus en plus comme une menace pour Disney. Ce dernier craint une situation de « hold-up », dans laquelle un Netflix tout puissant serait en mesure de négocier au rabais l’achat des droits de ses programmes. Pour éviter le piège à souris, et au passage conserver la marge empochée par ses distributeurs, Mickey a donc décidé de réorienter ses investissements vers la diffusion.

De son côté,  Netflix entend réduire ses coûts d’achat de droits d’exploitation pour consacrer à la production de programmes maison d’ici deux à trois ans la moitié des 7 milliards de dollars qu’il devrait investir en 2017 dans les contenus. De quoi inquiéter Disney, YouTube, HBO ou Amazon. Sans oublier Apple qui entre à son tour dans la danse, puisqu’il s’apprêterait à investir 1 milliard de dollars dans la production audiovisuelle. Le choc des titans commence donc.

Turquie

Mobilisation pour la libération du journaliste Loup Bureau

L’inquiétude monte autour du sort de Loup Bureau. Ce journaliste indépendant a été interpellé le 26 juillet à la frontière entre l’Irak et la Turquie, après que des photos le montrant en compagnie de combattants kurdes syriens des YPG, considérés comme une organisation terroriste par Ankara, ont été trouvées en sa possession par les autorités turques. Depuis, Loup Bureau est détenu pour « soupçon d’appartenance à une organisation terroriste armée ».

Ses proches se mobilisent à travers un comité de soutien lancé le 7 août. Une pétition lancée dans la foulée a déjà recueilli près de 20 000 signatures et un groupe Facebook « Free Loup Bureau » est soutenu, à ce jour, par plus de 4000 personnes. « D’autres actions sur les réseaux sociaux, mais aussi sur le terrain sont prévus dans les prochaines semaines », indique le comité de soutien.

En revanche, silence radio de la part du gouvernement français, deux semaines après l’interpellation et l’emprisonnement du journaliste. Un silence qui dénote et étonne. Ainsi, le ministre des Affaires étrangères belge, Didier Reynders, a-t-il contacté mardi 9 août les autorités françaises afin de s'informer de la situation du journaliste. Loup Bureau suivant en parallèle un cursus à l’Institut des hautes études de communications sociales (Ihecs) à Bruxelles. Le Quai d’Orsay indique de son côté suivre « avec la plus grande attention la situation de Loup Bureau en Turquie », être « en relation avec sa famille » et « en contact régulier avec les autorités turques, afin de pouvoir exercer la protection consulaire». Par ailleurs, une première visite a pu lui être rendue par des agents du service consulaire de l’ambassade de France le 11 août.

Il y a urgence : Loup Bureau pourrait être transféré dans une autre prison à Van, à l’est du pays, non loin de la frontière iranienne, a annoncé mardi 8 août son avocat Martin Pradel, qui déplore une décision « scandaleuse » des autorités turques. Les proches du journaliste craignent que ce projet de transfèrement ne soit qu’un moyen de pression supplémentaire pour les autorités turques contre les reporters occidentaux.

Dans un communiqué commun, les syndicats de journalistes français SNJ, SNJ-CGT et CFDT-Journalistes, soutenus par la Fédération européenne des journalistes (FEJ) et la Fédération internationale des journalistes (IFJ), ont exigé « que le gouvernement français mette tout en œuvre » pour obtenir sa libération et appellent la France à se montrer plus offensive envers Ankara : « Les propos convenus ne suffisent plus ».

Pour les trois syndicats, « il est clair que les dirigeants turcs et le président Erdogan en tête abhorrent les journalistes étrangers trop curieux et n’hésitent pas à les arrêter pour imposer un mur du silence sur la réalité de ce pays, qui est la plus grande prison au monde pour les journalistes, où 160 de nos confrères sont derrière les barreaux ».

Les autorités turques ont par ailleurs lancé jeudi dernier des mandats d’arrêt pour 35 journalistes et salariés de médias, soupçonnés de liens avec le coup d’État du 15 juillet 2016, a-t-on appris aujourd’hui.

Fiscalité

Bruno Le Maire annonce une initiative franco-allemande pour taxer les GAFA

Simple menace ou volonté de passer à la vitesse supérieure ? Le ministre de l’économie Bruno Le Maire a durci le ton à l’Assemblée nationale face aux pratiques d’optimisation fiscale des géants du net tels que Google, Apple, Facebook, Amazon ou encore Airbnb, qui ne payent qu’un impôt dérisoire tout en amassant des millions de bénéfices. Lors de la séance des questions au gouvernement, ce mercredi 9 août, Bruno Le Maire a fustigé la lenteur des négociations au niveau de la Commission européenne et plaidé pour une harmonisation fiscale européenne qui passerait par une loi initiée par la France et l’Allemagne : « Tout cela prend trop de temps, tout cela est trop compliqué. Nous voulons aller plus vite et obtenir des résultats plus rapidement. Nous prendrons donc une initiative au niveau européen pour obtenir une taxation de toutes les plateformes et des géants du numérique : chacun doit payer une juste contribution au Trésor français au regard au des activités qu’il exerce en France ».

Le ministre de l’économie a ainsi annoncé que la France et l’Allemagne « déposeront une proposition au prochain Conseil des ministres européens des finances à Tallinn le 15 septembre ». De quoi faire monter la pression sur la commission européenne ? Le débat sur l’harmonisation fiscale en Europe a ressurgi fin juillet, quand Google a échappé à un redressement fiscal de 1,1 milliard d’euros en France, le tribunal administratif de Paris n’ayant pu que constater que sa filiale irlandaise, responsable de ses opérations sur le Vieux Continent, n'était pas imposable en France.

Asile

Cédric Herrou lourdement condamné en appel

Cédric Herrou, l’agriculteur de Breil-sur-Roya et l’une des figures de proue du combat pour un accueil digne des migrants, a été condamné ce matin en appel à quatre mois de prison avec sursis pour « aide à l’immigration clandestine ». Cette peine est plus lourde que celle de première instance : le 10 février dernier, il avait été condamné à 3 000 euros d’amende avec sursis. C’est le parquet, qui représente le ministère public auprès du tribunal correctionnel, qui avait fait appel. L’avocat général avait requis huit mois de prison avec sursis.

La condamnation porte sur des faits qui remontent à octobre 2016 : l’agriculteur avait acheminé de Vintimille en France 200 migrants qui voulaient passer la frontière italo-française, les avait accueillis chez lui et en avait installés certains dans une ancienne colonie de vacances de la SNCF située à Saint-Dalmas-de-Tende. En février, le tribunal correctionnel de Nice l’avait condamné pour aide à l’entrée mais pas pour aide au séjour (avoir hébergé des migrants et occupé illégalement des locaux de la SNCF), et ce en vertu d’un article du code des étrangers (art. L622-4) qui prévoit une « exemption humanitaire » lorsque l’aide au séjour irrégulier se fait sans contrepartie et a pour but d’« assurer des conditions de vie dignes et décentes à l'étranger, ou bien toute autre aide visant à préserver la dignité ou l'intégrité physique de celui-ci. » En appel, Herrou a également été condamné à verser 1 000 euros de dommages et intérêts à la SNCF.

Comme d’autres ces derniers mois, cette décision fait des citoyens solidaires des migrants, des délinquants. Dans le même temps, l’Etat français a pourtant été plusieurs fois condamné par la justice pour entrave au droit d’asile et non respect de ses obligations, dans les Alpes maritimes, dans le Calaisis et à Paris notamment. Les conditions d’accueil des migrants restent déplorables et se dégradent même dans certaines zones, par exemple à Briançon dans les Hautes-Alpes. « Les migrants ont des droits, a rappelé Cédric Herrou sur BFM-TV à l’issue de sa condamnation. La gestion de la migration se fera forcément par l’accès aux droits des migrants et des demandeurs d’asile. ». L’agriculteur se pourvoira en cassation.

SIDA

La mortalité divisée par deux depuis 2005

Le programme de l’ONU contre le sida (Onusida) a publié, jeudi 20 juillet, son rapport sur la progression de l’épidémie dans le monde en 2016. Bonne nouvelle : le sida marque un recul global.

Si encore 1 million de personnes sont mortes de maladies liées au sida en 2016, ce chiffre est presque divisé par deux par rapport aux 1,9 million de 2005. L’ONU se félicite d’« un tournant décisif franchi », notamment en Afrique de l’Est et en Afrique australe, où les décès sont en net recul depuis 2010.

En 2016, entre 1,6 et 2,1 millions nouveaux cas de sida ont été enregistrés, une baisse de 16 % par rapport à 2010. Un chiffre très loin du record de 1997 : cette année-là, quelques 3,5 millions de nouvelles contaminations avaient été enregistrées.

« Le SIDA recule et les communités et les personnes s’épanouissent », se félicite M. Sidibé, directeur Exécutif d’Onusida. « Puisque nous mettons l’épidémie sous contrôle, les conditions de santé s’améliorent et les nations deviennent plus fortes. »

Toutefois, ces résultats encourageants ne doivent pas faire oublier que le nombre de nouvelles infections a bondi de 60 % dans les pays d’Europe de l’Est et d’Asie centrale. Une situation jugée « alarmante » par l’organisation.

« Nous avons atteint l’objectif 2015 de 15 millions de personnes sous traitement et nous sommes en train de doubler ce chiffre, pour arriver à 30 millions et atteindre l’objectif 2020 », espère Michel Sidibé. L’ONU a fixé un objectif maximum de 550 000 nouvelles contaminations en 2020. Une contamination au VIH a encore lieu toutes les 17 secondes dans le monde.

Alimentation

Les inégalités sociales se retrouvent dans les assiettes des Français

Les inégalités sociales se retrouvent jusque dans nos assiettes. C’est ce que montre, entre autres, la troisième étude sur les consommations et les habitudes alimentaires des Français publiée le 12 juillet par l’Agence nationale de sécurité alimentaire de l’alimentation (Anses). Pendant un an, entre 2014 et 2015, l’Anses a scruté les assiettes de 3 100 adultes et 2 700 enfants en analysant à la fois les apports nutritionnels bénéfiques et les expositions à des substances néfastes. Objectif : mieux prévenir à termes les maladies et améliorer la santé des Français.

Les résultats sont plutôt inquiétants pour la santé des Français : nos assiettes contiennent une grande part d’aliments transformés et encore beaucoup trop de sel : 9 grammes par jour chez les hommes et 7 grammes chez les femmes. Pour rappel, il faudrait en consommer plutôt respectivement 8 et 6,5 grammes par jour, selon les recommandations du Programme national nutrition santé. Les apports en fibres (20 grammes par jours en moyenne chez les adultes) sont de leur côté trop faibles par rapport aux recommandations (30 grammes par jour). Autre signal d’alarme tiré par l’Anses : la sédentarité des Français qui progresse de façon « alarmante ».

Une alimentation trop salée, trop sucrée et pas assez d’exercice : ces trois facteurs expliquent que 13 % des enfants et des adolescents ainsi que 34 % des adultes étaient en surpoids en 2014-2015, et respectivement 4 % et 17 % d’entre eux étaient obèses. L’analyse du poids des Français et de leur alimentation fait aussi apparaître de fortes disparités selon le sexe, l’âge ou la région. Ainsi, les adultes de 65 à 79 ans consomment par exemple plus d’aliments faits maison, les hommes des denrées animales crues (viande, charcuterie…), et les habitants des grandes agglomérations du poisson, des confiseries et du jus de fruits.

Autre enseignement de l’étude, les Français ayant un niveau d’étude supérieur ou égal à Bac + 4 consomment plus de fruits et deux fois moins de sodas que ceux qui se sont arrêtés dès le primaire ou au collège. Ils pratiquent également plus de sport et sont moins souvent obèses.

Indemnisation

Chômeurs, qui êtes-vous ?

L’Unédic, publie, aujourd’hui 11 juillet une étude sur les allocataires indemnisés par l’assurance chômage. Parmi les 3,46 millions d’allocataires en juin 2016, 46 % travaillent, ne serait-ce que quelques heures par mois. Ils sont 2,51 millions à être indemnisés. L’allocation moyenne s’élève à 870 euros, et 1 010 euros pour ceux qui n’ont pas travaillé au cours du mois. Ils perçoivent ainsi en moyenne 72 % de leur ancien salaire net. L’allocation maximale est de 6 500 euros par mois mais ne concerne que 500 personnes.

Les allocataires indemnisés sont à 51% des hommes. La moitié ont moins de 40 ans, 13 % son âgés de moins de 25 ans, et 25 % de plus de 50 ans. Il s’agit en majorité de personnes peu qualifiées, puisque 58 % d’entre elles n’ont pas le bac. Les allocataires ayant un niveau d’études à bac + 3 ou supérieur ne représentent que 12% des allocataires indemnisés. 
37 % d’entre eux sont au chômage à la suite d’une fin de CDD et 10 % d’une fin de mission d’intérim. Les licenciements économiques ne représentent que 9 % de l’effectif, et les ruptures conventionnelles, 16 %.

Leaks

Lanceurs d’alerte : une reconnaissance aléatoire

Il y a des lanceurs d’alerte plus chanceux que d’autres. L’Américain Daniel Schlicksup par exemple. A 55 ans, ce comptable de Caterpillar s’est aperçu qu’avec l’aide du cabinet PricewaterhouseCoopers, son entreprise échappait aux impôts via la Suisse grâce à une douzaine de sociétés écrans traversant autant de paradis fiscaux. Il a d’abord alerté sa hiérarchie. Puis, comme cela ne donnait rien, le fisc. Résultat : enquête, perquisition et 2 milliards de dollars d’impôts et de pénalités pour l’entreprise. Daniel Schlicksup devrait du coup recevoir du fisc américain un chèque de 600 millions de dollars, ce qui en ferait le lanceur d’alerte le mieux payé de l’histoire. Les Français Antoine Deltour et Raphaël Halet (affaire LuxLeaks) ont été condamnés par la justice luxembourgeoise, tandis que Stéphanie Gibaud (affaire UBS) vit au RSA.

Energie

La chasse au gaspi avance

« L’efficacité d’abord. » Alors qu’économiser l’énergie est d’habitude le parent pauvre de la politique énergétique, c’est devenu, depuis 2015, le paradigme officiel de Commission européenne. Sa traduction réglementaire a marqué une (toute) petite avancée lors du Conseil de l’énergie du 26 juin. En octobre 2014, le Conseil s’était accordé sur un objectif de gain d’efficacité énergétique indicatif de 27 % en 2030 (par rapport à la tendance du moment). En novembre dernier, la Commission avait fait une proposition législative d’un objectif contraignant de 30 %. Très divisé, le Conseil s’est finalement accordé sur 30 %, mais sans préciser s’il s’agissait d’un objectif contraignant ou non. Ce point et le relèvement du niveau d’ambition vont à présent être négociés entre le Conseil et le Parlement européen, qui a quant à lui défendu un objectif de 40 %, en phase avec les objectifs de l’accord de Paris sur le climat. Alors que son précédent gouvernement s’était montré timoré sur le sujet, la France pousse, avec l’Allemagne et quelques autres Etats membres, pour un objectif contraignant. Verdict attendu à la fin de l’année. 

Etrangers

Toujours enfermés

Au fil des années, le nombre d’étrangers placés en centres et locaux de rétention administrative (CRA et LRA) reste constant. En 2016, 46 000 étrangers ont été concernés, ce que relève le rapport annuel de six associations habilitées à y intervenir (La Cimade, Assfam, le Forum Réfugiés Cosi, FTDA, l’Ordre de Malte France et Solidarité Mayotte), publié le 27 juin. Les CRA existent juridiquement depuis 1981. Ils étaient destinés au départ, non pas à punir, mais à organiser matériellement l’expulsion d’un étranger en situation irrégulière sur le territoire [1]. Mais les conditions de rétention ont été durcies : d’un maximum légal de 7 jours d’enfermement, on est passé à 45 jours (depuis 2011). L’enfermement est devenu la norme pour les étrangers que l’Etat veut expulser (au lieu de l’assignation à résidence). En 2016, 43 % des enfermements ont lieu en outre-mer. C’est là que le taux d’exécution des mesures est le plus élevé (67 %), en raison d’entraves à l’exercice du droit au recours. En métropole, moins de la moitié des étrangers enfermés sont effectivement éloignés, signe de l’inefficacité du recours à l’enfermement.                 

[1] Voir De Lesbos à Calais : comment l’Europe fabrique des camps, Le Passager clandestin, 2017