Arrondi

Les Français « micro-donnent » beaucoup

Chaque année depuis 2013, l’entreprise solidaire microDON récolte de l’argent dans plus de 2100 magasins français, au profit de 135 associations, grâce à l’arrondi en caisse. Ce procédé consiste à proposer à un client d'arrondir le montant de son règlement, au profit d'une association sélectionnée par l'enseigne. En 2016, l’entreprise a enregistré 3 282 506 micro-dons à travers toute la France, soit 759 460 euros reversés.

Pour la première fois, en 2017, microDON a dressé un classement des régions françaises les plus généreuses. Au total, 3 491 870 micro-dons ont été réalisés pour un montant de 606 324,49 euros, soit une augmentation spectaculaire de 157% du montant des dons et de 380% du nombre de dons par rapport à 2016.

L’Ile-de-France comptabilise le plus de dons (831 521) en 2017. Viennent ensuite la région Auvergne-Rhône-Alpes (399 843 dons), puis la région Grand Est (346 685), la Nouvelle Aquitaine (325 719 et la Provence-Alpes-Côte d’Azur (304 440). L’Ile-de-France se classe aussi première en montant collecté, avec 162 459,80 euros.

Cependant, ce classement est biaisé, du fait du nombre élevé d’habitants en région parisienne. Le calcul du taux de participation permet donc de mettre en avant l'engagement réel des habitants des régions. Et de ce point de vue, c’est la Nouvelle Aquitaine et la Normandie qui occupent la première place des régions les plus généreuses, avec 29% de participation, contre seulement 12% en Ile-de-France, avant-dernière.

Salaires

Faibles augmentations

Dans son enquête annuelle parue au mois de juin portant sur les négociations annuelles obligatoires (NAO) d'entreprises d'octobre 2016 à mars 2017, Mercer, spécialiste du conseil en ressources humaines, constate que les augmentations de salaires en France n’ont toujours pas retrouvé leur niveau d’avant crise. Avant 2008, elles s'élevaient en moyenne à 3% par an. Mais cette époque est révolue : pour l’année 2017, l’enveloppe d’augmentation du salaire de base devrait seulement croître de 1,8%, en légère hausse par rapport à 2016.

L’enquête pointe également la sélectivité des augmentations de salaires. Seules 17% des organisations interrogées disent avoir octroyé une augmentation individuelle aux collaborateurs éligibles. Ces augmentations toucheraient donc vraisemblablement davantage les cadres. Pour pallier ces augmentations de salaire faibles et disparates, les entreprises ont davantage insisté sur d’autres leviers dans leurs négociations : primes exceptionnelles, mais aussi l’organisation du temps de travail, le bien-être, ou l’équilibre vie privée/vie professionnelle. « Le marché français, confronté à une situation économique difficile, a dû trouver des moyens alternatifs pour préserver une compétitivité nécessaire dans un contexte de guerre des talents », résume Bruno Rocquemont, directeur du Département Career Mercer France. Sur les trois premiers mois de 2017, les négociations sur ces éléments « alternatifs » ont progressé de 17 points par rapport à 2016. 

Conjoncture

L’OCDE annonce une embellie, mais reste prudente

La reprise de l’économie mondiale est là, s’enthousiasme l’OCDE dans ses Perspectives économiques de juin 2017. L’organisation détaille dans ses travaux qu’il faut s’attendre, en 2018, à une hausse du taux de croissance aux Etats-Unis, en Inde, au Brésil, ainsi que dans la zone euro et dans l’ensemble des 35 pays de l’OCDE. Seuls mauvais élèves, le Japon et la Chine, dont la croissance devrait ralentir en 2018.

L’un des indicateurs qui incitent l’organisation à l’optimisme est le stock de capital vieillissant des entreprises, qui devra être renouvelé. Cela demandera des investissements dans des technologies plus avancées et aura donc des effets d'entraînement sur la demande intérieure, la production et les gains de productivité.

Cependant, cette hausse du produit intérieur brut (PIB) mondial – qui se hissera de 3 % en 2016 à 3,6 % en 2018 – reste inférieure aux niveaux observés par le passé, et devra s’appuyer sur une « mondialisation inclusive fondée sur des règles et au service de tous », prévient Angel Gurría, secrétaire général de l’OCDE.

L’institution fait en effet remarquer que l’intégration commerciale mondiale s’est traduite par des pertes d'emplois dans certaines régions, notamment à cause de la concentration régionale des activités manufacturières. Les Perspectives économiques mettent aussi en garde contre « les risques liés aux marchés de capitaux » et la « persistance de la faible croissance des salaires ».

FAMINE 

La menace s’aggrave

Comment prendre la mesure de la faim qui affecte aujourd’hui les populations de plusieurs pays d’Afrique et le Yémen ? Cette situation résulte à la fois de la sécheresse, de la pauvreté structurelle et bien sûr des divers conflits qui déchirent la région. Les spécialistes de ces questions ont établi un cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire, baptisé IPC, qui compte différents niveaux. Le plus élevé, IPC 5, correspond à ce que l’on appelle communément une situation de famine.
A l’heure actuelle, 143 000 personnes, dans certaines zones du Soudan du Sud et dans des régions septentrionales du Nigeria, sont confrontées à une crise de cette ampleur, estime l’agence d’information humanitaire Acaps. De graves pénuries, classées au niveau 4 (urgence) de l’échelle IPC, en concernent 9,9 millions d’autres dans ces mêmes pays, mais aussi en Somalie et au Yémen. Ces deux derniers pays pourraient basculer à leur tour dans la famine s’ils ne reçoivent pas d’aide entre mai et août, avertit Acaps dans sa note détaillée.
 
APPEL

La détention arbitraire de Mathias Depardon doit cesser

Alors qu’il ne faisait que son travail, le photoreporter Mathias Depardon a été arrêté par les autorités le 8 mai à Hasankeyf, dans le sud-est de la Turquie, en plein reportage pour le magazine National Geographic.

Malgré un ordre d’expulsion prononcé le 11 mai, il est toujours confiné dans un centre de rétention à Gaziantep, non loin de la frontière syrienne. Malgré la mobilisation de son comité de soutien et de Reporter sans frontières (RSF) et des interventions au plus haut niveau de l’Etat, notre confrère reste pour le moment détenu sans plus d’explications.

La rédaction d’Alternatives Economiques apporte son soutien à Mathias Depardon, s’associe au comité de soutien qui s’est créé pour sa libération et à RSF, et appelle donc de nouveau le gouvernement français à intervenir pour protéger le photographe et assurer sa remise en liberté immédiate.

Pour rappel, la Turquie occupe la 155e place sur 180 au classement de la liberté de la presse, établi par RSF.

Diesel

Ça dépasse les normes !

Quand elles roulent sur des routes réelles et non en laboratoire, les voitures diesel mises sur le marché depuis 2014 (norme Euro 6) émettent en moyenne  six fois plus de NOx que la limite autorisée de 80 mg/km, selon l’agence allemande de l’environnement (UBA). Ruiner la santé de leurs concitoyens n’a pas l’air d’étouffer les constructeurs.
 
Egalité

Promesses, promesses...

Mobiliser l’ensemble des ministères pour agir en matière d’accueil des immigrés, de lutte contre les discriminations et rendre effective la « promesse républicaine d’égalité » : telle était la mission du délégué interministériel à l’égalité républicaine et à l’intégration, fonction créée par un décret du 29 mars 2014. Un décret du 24 avril  2017 vient de supprimer ce poste… qui n’avait jamais été occupé.
Ce qui confirme que les promesses, mêmes « républicaines », n’engagent que ceux qui y croient !

 

Environnement

Hulot : dossiers perturbateurs

Pas d’état de grâce pour Nicolas Hulot. Le 18 mai, lendemain de sa désignation au poste de ministre de la Transition écologique et solidaire, le conseil municipal de Mandres-en-Barrois (Meuse) confirmait la cession à l’Andra, l’agence qui gère les déchets radioactifs, de la forêt sous laquelle pourrait être creusée la future poubelle nucléaire de la France. De quoi faire monter d’un cran un conflit que Nicolas Hulot va sans doute devoir affronter plus rapidement que prévu alors qu’il vient déjà de prendre en main le chantier urgent d’une médiation sur l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Une semaine d’actions contre le projet Cigéo est annoncée en effet du 19 au 26 juin.

Autre dossier pressant : la définition des perturbateurs endocriniens dans le droit européen. Après le rejet de la précédente par plusieurs Etats membres, dont la France, les Vingt-Huit doivent se prononcer sur une nouvelle proposition de la Commission. Cette nouvelle version reste cependant très laxiste. Initialement prévu le 17 ou le 18 mai, le vote a été reporté au 30 mai à la suite de la désignation du nouveau ministre français de l’Environnement. Dont le destin ultérieur reste suspendu, ne l’oublions pas, au résultat des élections ­législatives. 

Conjoncture

La croissance et le pouvoir d’achat progressent

Ce n’est pas énorme mais c’est déjà ça. L’Insee vient de publier les comptes de la nation pour l’année 2016. Le PIB enregistre une progression de 1,2% l’année dernière contre + 0,9 % en 2014 et + 1,1% en 2015.

Le pouvoir d’achat des ménages est lui également en augmentation à +1,4 % contre +1,1 % en 2015. Ceci s’explique par une stabilisation des prix de la dépense de consommation finale à – 0,1%. Une très légère déflation, autrement dit. Les salaires nets ont, eux, progressé de 1,9 % après 1,4 % l’année précédente.

Côté commerce extérieur, malgré une bonne progression des exportations, le déficit de la balance commerciale continue de se creuser. Le solde du commerce extérieur est ainsi négatif et représente 10,3 milliards d’euros, soit 0,8 point de PIB, contre 0,5 en 2015 et 2014.   

Dieselgate

Volkswagen risque une amende de 19 milliards en France

L’addition s’alourdit pour Volkswagen. Le scandale du dieselgate, qui a déjà coûté 22 milliards de dollars (19,6 milliards d’euros) au constructeur allemand aux Etats-Unis, pourrait coûter encore plus cher en France. C’est le journal Le Monde, qui a pu consulter le procès-verbal de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), qui a fait fuiter le montant de la possible sanction : 19,73 milliards d’euros. Ce montant correspond à 10% du chiffre d’affaires moyen de Volkswagen entre les années 2012 et 2014.
La DGCCRF précise cependant que le montant de l’amende sera fixée « de manière proportionnée aux avantages tirés de la fraude ». Justement, le gendarme de Bercy évalue le chiffre d’affaires tiré des ventes de voiture équipés du logiciel frauduleux, dont le constructeur a reconnu l’existence, à 22,78 milliards d’euros. De plus, il estime à 1,52 milliards les économies réalisées en moyenne chaque année sur les dépenses de recherche et développement. 
L’enquête judiciaire a débuté en France en octobre 2015, et c’est sur la base de ce procès-verbal réalisé par la DGCCRF et l’Office central de lutte contres atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp) qu’une information judiciaire pour « tromperie aggravée » a été ouverte en février. D’autres constructeurs sont sous le coup d’une enquête semblable, comme Renault, PSA et Fiat-Chrysler.