Dieu n'est pas un paysan
GRAD-Présence africaine, (295 p., 20 euros).
Voici une aventure peu connue, mais d'une importance capitale pour la renaissance de la société civile en Afrique de l'Ouest. Au départ, un instituteur (l'auteur lui-même) qui, voyant que l'école éloigne de la terre, décide de se faire paysan; quelques agriculteurs sénégalais qui forment avec lui, dès 1976, au lendemain de sécheresses dramatiques, un groupe de réflexion, non pas pour "faire du développement" mais pour s'interroger sur la "reprise en main des possibilités locales et les voies nouvelles qui en découlent". Se fédèrent ensuite des associations paysannes au Sénégal. Soutenu par un centre de formation et une forme intelligente et souple d'aide financière due à la coopération suisse, le mouvement s'étend progressivement au Burkina Faso, au Mali, à la Côte d'Ivoire, au Niger, à la Gambie et la Guinée-Bissau, au Togo, au Bénin, à la Guinée-Conakry, pour aboutir en 2000 à la fondation du ROPPA (Réseau des organisations paysannes et des producteurs agricoles de l'Afrique de l'Ouest). Aujourd'hui, celui-ci parvient à faire plier les Etats, à déjouer les pièges de la Banque mondiale, à s'assurer de la participation de la FAO. Dans cette révolution paysanne non-violente prend sa source une vraie décolonisation qui va aujourd'hui son chemin en Afrique. Elle rejoint par dessus les frontières des luttes qui s'affirment aujourd'hui dans le monde entier: histoire des paysans, cachée, méprisée, oubliée, et pourtant toujours fondatrice.


























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