Critiques politiques de la mondialisation
Entretien avec Jean-François Bayart, chercheur au Centre d'études et de recherches internationales (Ceri)
Propos recueillis par
L'Economie politique n° 022 - avril 2004
Entretien avec Jean-François Bayart A l’occasion de la sortie de son nouveau livre, Jean-François Bayart nous explique que la mondialisation n’est pas plus mondiale que libérale, qu’elle engendre l’Etat au lieu de le remettre en cause, ou encore qu’elle se construit par le biais de nos mouvements quotidiens.
Vous venez de publier un ouvrage (1) dans lequel vous commencez par nous dire que la "mondialisation libérale" tant dénoncée par les altermondialistes n'est pas mondiale, et encore moins libérale.
Jean-François Bayart: Elle n'est pas mondiale, c'est évident.
D'une part, de larges parties du monde restent à l'écart ou, pour le moins, en profond décalage avec ce qui constitue le coeur de la globalisation.
Je pense par exemple à la Chine ou à la Russie profondes.
D'autre part, même des individus situés dans les pays qui en sont au centre ont un rapport ambivalent à ce processus, fait simultanément d'appropriation et de rejet.
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