Crise de la zone euro, le retour (Xème épisode)
Guillaume Duval
Article Web - 16 avril 2012
L'Europe ne parvient pas à sortir de la crise, explique Guillaume Duval dans sa chronique pour Radio Nova. La politique monétaire très souple de la BCE ne compense plus l'austérité budgétaire généralisée, qui déprime l'activité économique. C'est la porte ouverte à la spéculation mais aussi à un changement de cap des politiques européennes.
La semaine dernière les Bourses européennes ont de nouveau chuté et la spéculation a repris contre les dettes publiques espagnoles et italiennes. On n’en sortira donc jamais ?
Depuis quelques mois, on pouvait avoir le sentiment qu’on apercevait le bout du tunnel dans la zone euro. On s’était mis d’accord sur une structure permanente d’aide aux pays en crise, le Mécanisme européen de stabilité (MES). Sous la houlette d’Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, les Européens avaient adopté un nouveau traité sur la stabilité, la convergence et la gouvernance (TSCG) pour graver dans le marbre des principes de gestion budgétaire supposés rassurer les investisseurs. Et surtout depuis décembre dernier, la Banque centrale européenne (BCE) a prêté aux banques 1 000 milliards d’euros, soit 10 % du produit intérieur brut (PIB) de la zone euro, pour trois ans avec un taux d’intérêt dérisoire de 1 %.
De quoi en théorie mettre pas mal d’huile dans les rouages, et pourtant manifestement ça ne suffit pas…
En effet. Dans le mélange actuel entre la politique monétaire très laxiste menée par la BCE, censée accélérer l’économie, et les politiques budgétaires très restrictives menées par tous les Etats européens en même temps, qui elles freinent puissamment l’activité, c’est le côté frein qui l’emporte.
Pourquoi ?
Même si les banques disposent de beaucoup d’argent susceptible d’être prêté, les ménages auxquels on demande de se serrer fortement la ceinture ne veulent surtout pas s’endetter davantage. Et comme les ménages ne consomment pas, les entreprises n’investissent pas et ne s’endettent pas elles non plus. Du coup, malgré l’abondance de liquidités, la machine économique cale et le chômage continue à monter. Et dans ce contexte, la capacité des Etats les plus fragiles à rembourser leurs dettes est de nouveau – non sans raisons – mise en question. Pour ne rien arranger, les flots d’argent déversés par la BCE ont poussé les banques à acheter de nouveau de la dette publique. Cela a certes permis de faire baisser dans un premier temps les taux d’intérêt, mais du coup, avec le retour de la spéculation contre ces dettes, la situation des banques espagnoles ou italiennes est aussi beaucoup plus inquiétante encore aujourd’hui qu’il y a six mois…
Je vois, et la France dans tout ça ?
Pour l’instant elle n’est pas au cœur du cyclone : l’Etat français emprunte toujours à des taux historiquement bas. Mais elle pourrait entrer à son tour dans une zone de turbulences. Pour sa part, le président sortant fait tout ce qu’il peut pour attirer l’orage sur le pays parce qu’il espère qu’une poussée spéculative intervenant avant le 6 mai l’aiderait à conserver son poste. Mais, même si les socialistes ont eu entre 1997 et 2001 de bien meilleurs résultats que la droite en matière de gestion des finances publiques, le changement probable de président ouvrira de toute façon une période d’incertitude favorable à la spéculation.
Sale temps pour François Hollande alors s’il est élu ?
Oui et non. Il ne pourra certes prendre aucune initiative qui pourrait être interprété comme un signe que la France s’apprête à lâcher les vannes des déficits publics. Mais, dans le même temps, le retour de la crise dans la zone euro renforce aussi sa position en faveur d’une renégociation du traité Merkel-Sarkozy et d’une réorientation en profondeur des politiques économiques européennes. La situation actuelle démontre en effet clairement que le couple Merkozy a entraîné l’Europe dans une impasse. Et François Hollande sera beaucoup moins seul qu’on ne le croit dans cette bataille : les dirigeants espagnols, italiens ou encore néerlandais se rendent bien compte, eux aussi, que la politique européenne actuelle nous conduit dans le mur en klaxonnant…
Guillaume Duval
Article Web - 16 avril 2012
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Comment sans en venir à une Fédération Européenne, des Etats- « Unis » d’Europe, l’Europe pourra-t-elle s’en sortir ?
Ce serait peut-être possible mais à condition de s’appuyer sur une très forte « solidarité », une forte « unité » et l’on voit bien qu’en Europe la « solidarité », en tout genre, celle individuelle comme celle collective, ou encore celle étatique, et bien sûr européenne : cette « SOLIDARITE » et cette « UNITE » sont loin d’être un point fort !
Les raisons pour lesquelles l’Europe s’est construite, essentiellement celle d’un marché commun, une affaire seulement de « marché », qui est un pur sophisme, une réduction de l’économie au seul marché , à la seule loi du marché, montre très largement ses limites !
Voilà, au plan européen, ce que devrait prôner François Hollande s’il est élu : la « SOLIDARITE » et l’ « UNITE » en tout genre !
En lieu et en place d’une Europe forte ou même d’une « France forte » : une Europe et une France intelligentes ; encore qu’elle ne suffise pas cette intelligence, qu’il faille la qualifier cette intelligence, en intelligence « hautement humaine » ou « bassement humaine », vous savez... celle « maligne », sophiste et cynique ! Une intelligence au sens de l’entendement en tout genre, politique, économique, social, sociétal en fait, entre les différents systèmes, entre les systèmes humains et les humains, des systèmes humains au service des humains et non l’inverse : l’ « entendement » ou l’ « unité » voilà les vraies forces !