Brésil : religion et politique, vues de gauche
Alternatives Internationales n° 030 - mars 2006
Depuis la fin de la dictature en 1988, les Eglises évangéliques -en pleine expansion dans les couches populaires- investissent la sphère politique brésilienne. La plus active, l'Eglise universelle du royaume de Dieu, vient de lancer son propre parti politique auquel ont adhéré, entre autres, le vice-président du pays, le libéral José Alencar, et l'intellectuel de gauche, Roberto Unger, qui s'est fait connaître comme conseiller d'hommes politiques de gauche ainsi qu'à travers ses chroniques dans le quotidien Folha de São Paulo. Unger affirme que ces Eglises sont en train de "moderniser" les couches populaires en les faisant adhérer aux nouvelles valeurs dominantes, et notamment à celle d'une économie libérale qu'est devenu le Brésil. La thèse d'Unger -un protestantisme qui "modernise"- est très courante chez les penseurs anglo-saxons (Unger vit aux Etats-Unis et enseigne à Harvard). Mais elle ne fait pas l'unanimité chez les spécialistes; il n'est pas sûr que la seule présence aux cultes dits "Réunion des hommes d'affaires" suffise pour réussir comme entre-preneur individuel. Ce qui est sûr en revanche c'est qu'Unger légitime l'action politique de ce mouvement religieux très controversé et importe dans le débat politique brésilien des idées provenant d'Amérique du Nord.
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