Algérie et Maroc : le changement suspendu
Luis Martinez, Directeur de recherche au Ceri
Alternatives Internationales Hors-série n° 010 - janvier 2012
Les révolutions arabes n'ont pas pris en Algérie et au Maroc, pays pourtant eux aussi gangrénés par l'injustice sociale et le chômage. Qu'est-ce qui explique cette relative inertie ?
Au cours de l'année 2011, les Algériens ont organisé près de 2000 manifestations, sans qu'aucune n'entraîne une mobilisation de masse.
Au Maroc voisin, le Mouvement du 20 février, qui a rassemblé des militants islamistes, des ONG laïques ou des cyber-activistes réclamant une réforme constitutionnelle plus ambitieuse que celle proposée par le roi Mohammed VI, n'a pas non plus débouché sur une dynamique de type révolutionnaire.
Pourquoi ces deux pays sont-ils restés à l'écart du mouvement initié en Tunisie ?
En Algérie, le traumatisme de la guerre civile qui a suivi, en 1992, la dissolution du Front islamique du salut par le gouvernement et causé près de 150 000 victimes en six ans, hante toujours la population, qui préfère adopter une posture attentiste.
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