"Al-Qaida peut tirer profit du printemps arabe"
Entretien avec Thomas Hegghammer*, politologue, chercheur au Norwegian Defence Research Establishment (FFI) d'Oslo
Propos recueillis par Yann Mens
Alternatives Internationales n° 051 - juin 2011
Déstabilisés par les méthodes pacifiques des révolutions arabes, puis par la mort de Ben Laden, le 2 mai, les jihadistes risquent d'utiliser l'instabilité de la région et l'intervention occidentale en Libye pour retrouver des forces.
L'idéologie d'Al-Qaida survivra-t-elle à Ben Laden ?
Thomas Hegghammer.
Certainement.
Ne serait-ce que parce qu'elle s'est autonomisée il y a longtemps de l'organisation proprement dite.
Elle est portée par une myriade de théoriciens et de contributeurs, sur Internet et ailleurs.
Les effets de la mort de Ben Laden se situent à long terme surtout.
Et ils portent essentiellement sur les capacités de recrutement du mouvement.
Beaucoup de gens étaient attirés vers le jihadisme par le charisme de Ben Laden.
Ils aimaient le message simple dont il était porteur.
Et le fait qu'il échappe depuis longtemps aux Etats-Unis lui donnait, comme à l'organisation, une aura d'invincibilité.
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